Quatre-vingts ans après l'adoption par l'Assemblée générale des Nations unies de sa première résolution sur le désarmement nucléaire, le bureau de l'UNODA à Vienne et l'Université d'Europe centrale (CEU) ont coorganisé une édition historique de la série des "Conversations de Vienne". L'événement a offert un espace de réflexion sur le passé, le présent et l'avenir du désarmement multilatéral, de la non-prolifération nucléaire et des questions de contrôle des armements, ainsi que sur leur lien avec d'autres agendas à une époque d'incertitude mondiale croissante.
Organisé dans un format hybride, l'événement a rassemblé un public varié, dont de nombreux étudiants et jeunes professionnels. Leurs questions réfléchies et bien informées sur le désarmement et les tendances géopolitiques actuelles ont enrichi la discussion. Rebecca Jovin, chef du Bureau des Nations unies pour les affaires de désarmement à Vienne, a fait part de son parcours personnel et des motivations qui sous-tendent son engagement de longue date en faveur du désarmement, illustrant ainsi la manière dont des parcours professionnels divers peuvent contribuer à la paix mondiale.

S'appuyant sur sa vaste expérience, elle a suscité l'intérêt du public en établissant un lien entre la motivation personnelle et l'impact mondial. Elle a souligné la pertinence de l'agenda "Femmes, paix et sécurité" et l'importance de l'égalité des sexes dans le domaine du désarmement.
Revoir la mission fondatrice des Nations unies et les défis d'aujourd'hui
La conversation a permis de réfléchir à la raison et à la manière dont les Nations unies ont été fondées il y a 80 ans. Depuis sa création, le désarmement est resté au cœur de la mission de l'ONU.
Les participants ont souligné que la modernisation des arsenaux nucléaires stratégiques et les risques croissants d'escalade militaire constituaient des facteurs urgents pour relancer les efforts de maîtrise des armements et de désarmement. Dans le même temps, l'impact des armes conventionnelles sur les civils et l'émergence de technologies à double usage, telles que les systèmes d'armes autonomes et les menaces pour la cybersécurité, soulignent la nécessité d'une réglementation efficace.
Rebecca Jovin a souligné le rôle essentiel de l'ONU pour encourager les États à s'engager dans le dialogue, à protéger et à faire respecter les cadres existants et à faire face aux nouvelles menaces. Dans ce contexte, la fonction normative de l'ONU reste un outil indispensable pour faire progresser la sécurité internationale et les principes humanitaires.
Le rôle de l'éducation et de la jeunesse dans le désarmement
Le rôle significatif que la société civile, y compris les organisations de jeunes et de femmes, a historiquement joué dans la promotion du désarmement et de la diplomatie a également été discuté.
Les outils et initiatives éducatifs mis en œuvre par l'UNODA, en particulier par l'intermédiaire de son bureau de Vienne, ont été présentés comme des mécanismes clés pour informer, éduquer et responsabiliser les jeunes dans le domaine du désarmement. Rebecca Jovin a présenté les opportunités spécifiques offertes aux jeunes, notamment par le biais du programme phare Youth4Disarmament de l'UNODA, ainsi que des programmes d'apprentissage et d'autonomisation plus ciblés visant à doter les futurs dirigeants des connaissances, des compétences et des réseaux nécessaires pour soutenir les efforts de désarmement à l'échelle mondiale.
L'événement a donné lieu à des échanges animés, les participants soulevant des questions pertinentes sur la prochaine conférence d'examen du TNP, l'augmentation des dépenses militaires mondiales, les technologies émergentes, les efforts de réforme de l'ONU et d'autres sujets.

Un appel à l'action
La série de conversations de Vienne a offert une plateforme significative pour réfléchir aux réalisations du désarmement et aux défis actuels, tout en se projetant dans l'avenir. La discussion a réaffirmé que le désarmement n'est pas seulement une question de sécurité internationale, mais aussi un impératif humanitaire qui nécessite l'engagement actif de nombreuses parties prenantes pour construire un monde plus sûr et plus pacifique.
L'événement s'est tenu à l'auditorium du CEU, sur le campus de Vienne, et a été modéré par Patrick Labuda, professeur assistant au CEU
Pour visionner l'enregistrement de l'événement, cliquez ici. La version audio podcast est disponible sur Spotify et Apple Podcasts.